Intégration de la douleur au niveau cérébral et contrôles supraspinaux

 

2.4. Intégration de la douleur au niveau cérébral et contrôles supraspinaux

 

 



2.4.1. Intégration corticale de la douleur

 

 


Les stimuli nociceptifs sont intégrés essentiellement au niveau du cortex insulaire, de l’aire SII, et du gyrus cingulaire antérieur et, de façon plus inconstante, dans le thalamus et l’aire SI. Les réponses au niveau insulaire/SII et thalamiques reflètent la composante sensori-discriminitave de la douleur. La réponse du cortex SI est plus en rapport avec la stimulation nociceptive cutanée de surface (dépendante des sommations temporelles et spatiales) et modulée par l’attention portée au stimulus. La réponse thalamique, souvent bilatérale fait probablement intervenir des phénomènes d’éveil en réponse à la douleur. La réponse cingulaire antérieure reflète plutôt des processus attentionnels et émotionnels. L’attention au stimulus douloureux fait intervenir également le cortex pariétal postérieur et le cortex pré-frontal dorso-latéral droits qui participent au réseau cortical attentionnel et/ou mnésique. 


2.4.2. Les contrôles inhibiteurs descendants supraspinaux

 

 


Schématiquement, 2 types de contrôles inhibiteurs descendants ont été identifiés :


2.4.2.1. les contrôles descendant déclenchés par des stimulations cérébrales

 

 


Ils sont issus du tronc cérébral (région bulbaire rostro-ventrale) pour agir sur la moelle. Au niveau bulbaire, plusieurs zones sont identifiées comme ayant une fonction analgésique : la substance grise périaqueducale (SGPA), le noyau raphé magnus (NRM), le noyau giganto cellulaire, le noyau réticulé latéral du tractus solitaire. A partir de cette région bulbaire, des fibres empruntent le funiculus dorsal et vont rejoindre les neurones spinaux à chaque étage et réaliser un effet inhibiteur sur les neurones convergents. Les neuromédiateurs impliqués dans ce système inhibiteur sont les substances opioïdes, la sérotonine et la noradrénaline.





En thérapeutique, les mécanismes sérotoninergiques inhibiteurs descendants justifient l’utilisation des antidépresseurs tricycliques dans le traitement de la douleur.


2.4.2.2. les controles inhibiteurs descendants déclenchés par stimulations nociceptives (CIDN)

 

 


L’application d’un stimulus nociceptif sur une zone du corps éloignée d’un champ récepteur d’un neurone convergent déclenche un mécanisme d’inhibition sur ce même neurone convergent.. L’importance du CIDN est proportionnelle à l’intensité du stimulus et à sa durée. L’intégrité de la boucle de rétroaction est indispensable. La structure bulbaire impliquée dans cette boucle est la réticulée bulbaire. Les neuromédiateurs des CIDN seraient sérotoninergiques et endomorphiniques. Les CIDN pourraient jouer le rôle d’un filtre facilitant la détection des messages nociceptifs. Les neurones convergents véhiculent des informations nociceptives et non nociceptives, provenant d’origines différentes. Ces neurones ont donc une activité somesthésique de base quasi permanente. En cas de stimulation douloureuse provenant d’une population de neurones convergents donnés, il y a alors mise en jeu des CIDN. On assiste donc à une réduction d’activité des neurones convergents non concernés par cette douleur. Le contraste augmente entre le champ du neurone activé et la mise sous silence des neurones non concernés afin de mieux identifier la localisation précise de cette douleur. Par analogie, un chant au milieu du brouhaha d’une foule a peu de chance d’être entendu ; par contre la foule réduite au silence va permettre d’extraire le son d’une meilleure façon.




En clinique, la théorie des CIDN pourrait expliquer les douleurs de contre-irritation connues de longue date (pose de ventouses sur peau scarifiée), ainsi que les effets de l’acupuncture qui entraine une analgésie inhibée par la naloxone.

 

 

 

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